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Purifier l'énergie

 

Expulser le vicié et inspirer le pur

 

A l'aube, se placer debout face au soleil levant, les pieds un peu écartés. Se tenir droit, relaxer autant que possible les chairs et les articulations, respirer tranquillement. Si on souffre d'une affection, se concentrer sur la zone du corps concernée et/ou le symptôme sensible (douleur ou fièvre par exemple). Si on est en bonne santé, se concentrer simplement sur l'écoute interne, l'intérieur du corps, du tronc et des membres devant être perçus comme sans lourdeurs, sans tensions, vides.
- Commencer à inspirer en élevant les bras parallèlement devant soi, jusqu'à l'horizontale, les paumes se faisant face. Continuer à inspirer en tirant les deux coudes en arrière puis faire pivoter les poignets pour tourner les paumes des mains vers le haut. Finir d'inspirer en élevant les mains vers le ciel, jusqu'à étirer les bras en poussant les paumes aussi haut que possible. Cet inspir ce fait par le nez.
Pendant ce grand et long inspir, se concentrer sur la rentrée de l'air frais du matin, transparent et pur, dans les trois sections du tronc corps. Pendant que les bras montent devant la poitrine, commencer à inspirer en gonflant un peu le ventre et en imaginant l'air pur remplir le bas du tronc puis monter. En tirant les coudes en arrière, la poitrine s'ouvre et l'air emplit l'espace intercostal. Puis, tout en repoussant les paumes vers le haut, l'air continue à monter, repoussant les clavicules. On fait se poursuivre mentalement la sensation d'expansion interne qui accompagne la rentrée de l'air pur jusqu'au sommet du crâne.
- Quand l'inspiration est complète, imaginer quelques secondes que l'air transparent et pur répandu dans le corps se mêle à ce qui est vicié, fatigué, malade, corrompu à l'intérieur. Puis commencer à expirer en poussant les paumes en avant devant soi, doigts vers le haut, jusqu'à ce que les bras soient à l'horizontale. Poursuivre l'expir en laissant le tronc se pencher en avant, tiré vers le bas par les paumes tendues. Pendant tout l'expir, imaginer que l'air ressort gris, sale, vicié, transportant l'impur hors du corps. Cet expir se fait bouche bien ouverte, en montrant les dents selon la forme "Faire les dents de Tigre". En fin d'expir, rentrer volontairement le ventre pour expulser autant de vicié que possible.
- Refermer ensuite la bouche et placer la pointe de la langue contre le palais, juste au-dessus des racines des deux incisives du haut Relâcher le ventre et commencer très doucement à inspirer par le nez. La respiration est très ténue, de manière à ne pas ressentir le passage de l'air par le nez et à ne percevoir que l'expansion interne, la sensation de remplissage montant depuis le ventre jusqu'en haut du tronc. Redresser le tronc en fléchissant un peu les genoux, les paumes se tournant vers le haut. Puis se relever pendant que les mains montent en arc de cercle de chaque coté du corps, jusqu'à arriver au-dessus des épaules. Inspirer pendant que le corps se redresse et que les mains montent, les bras s'ouvrant à gauche et à droite. Pendant l'inspir ténu, regarder vers le soleil levant et imaginer que la brillance, le dynamisme, la chaleur émise par le soleil pénètrent le corps et emplissent le tronc, du ventre au sommet du crâne, cela à mesure que l'on sent l'expansion interne accompagner l'inspir. Le diaphragme est volontairement repoussé (sans forcer cependant) vers le haut en fin d'inspir, afin de bien ressentir l'expansion interne dans le tronc atteindre les clavicules, la sensation physique de remplissage se conjuguant à la représentation mentale de la lumière emplissant l'intérieur.
- Une fois debout, les mains continuent leur cercle en se tournant paumes vers le bas et alors expirer pendant que les mains redescendent par devant la poitrine pour venir se placer devant le Tan T'ien inférieur, la paume gauche contre le ventre et la droite par dessus. Pendant tout l'expir, qui est ténu lui aussi (on ne sent pas l'air sortir par le nez), on laisse le diaphragme descendre jusqu'à presser légèrement vers le bas, la taille autour du Tan T'ien donnant la sensation de prendre la forme d'une bouée ou d'un pneu, le ventre sortant un peu, comme ballonné. Il ne faut pas expirer complètement pour presser ainsi vers le bas dans le tronc, et le mental se sert de cette sensation pour imaginer, se représenter la lumière ayant envahit l'intérieur, dans l'inspir précédent, être rassemblée vers le bas et se concentrer, s'agglutiner dans le Tan T'ien. Détail important : dés que l'on commence à expirer, il est nécessaire de contracter légèrement le sphincter et les muscles du petit bassin, autour du pubis. L'intention doit être de fermer les deux orifices du bas du corps, afin qu'une partie du yang ne s'échappe pas par ces orifices, lorsque le diaphragme pousse vers le bas, à l'expir, et que le souffle dynamique est rassemblé dans le Tan T'ien. Une légère rétroversion du bassin accompagne aussi la compression interne vers le Tan T'ien, l'espace entre les reins s'abaissant un peu.

Quand pratiquer : Le matin à l'aube, l'idéal étant de commencer juste avant l'apparition du soleil et de finir avec le soleil visible. Le yang de l'énergie extérieure est alors ni trop naissant, et donc insuffisant, ni trop développé, puissant et donc déjà orienté, déterminé dans son mouvement dynamique. Le soleil se levant plus ou moins tôt selon les saisons, cette pratique s'adapte en conséquence. Si le soleil est déjà levé, ne pas pratiquer après qu'il est dépassé les 30 ° au-dessus de l'horizon.

Quand ne pas pratiquer ? Quand le ciel n'est pas clair, brumeux, ou qu'il y a du brouillard. Quand le soleil est caché par les nuages, ou que sa lumière parait froide, peu nette, comme filtrée par de l'humidité ou des vapeurs au ciel. Quand il pleut, bien sûr, et aussi si la force du vent dépasse la simple brise.

Où pratiquer ? L'environnement doit être sain, car air et lumière doivent être tous deux purs, propres; l'air pour capturer et expulser le vicié interne, la lumière solaire pour apporter le yang qi et en nourrir le Tan T'ien. Ne pas pratiquer dans un milieu pollué, dans les villes (attention : l'air des parcs et jardins y est souvent aussi pollué que celui des rues les entourant, et en fait, nous conseillerions même de ne pas faire trop de grandes respirations à ces curieuses personnes qui font assidûment du sport, du yoga et même du Qi gong dans des nuages de gaz carbonique, de méthane, de plomb et autres revivifiants bien connus !), ou encore près d'industries corrompant l'air ou le sol proches.

Combien de temps ? On enchaîne ce exercise par séries de 9 répétitions. Les débutants, et ceux qui souffrent d'une affection qu'ils veulent aider à réduire par cette pratique, font 9 séries quotidiennes, soit 81 répétitions, ce qui peut prendre jusqu'à une demi-heure et même plus selon la longueur des respirations.
Il est très simple de savoir quand il est possible de commencer à réduire le nombre des séries. Peu à peu, à mesure que le yang qi matinal est rassemblé dans le Tan T'ien, celui-ci se met à devenir comme consistant et à s'échauffer doucement. Quand on sent le Tan T'ien bien consistant et échauffé dés la fin du premier enchaînement de la huitième série, il n'est plus nécessaire de faire la neuvième. Ainsi de suite jusqu'au jour où, dés la première exécution de la première série, l'on sente son Tan T'ien déjà plein et l'énergie déjà bien présente, disponible. Arriver à ce point signifie que l'on ne perd pas ensuite, pendant le reste de la journée, le yang qi ainsi accumulé, ce qui est seulement le fait des pratiquants avancés dans la pratique du Qi Gong.

Commentaires : Très simple, ce Dao Yin Fa n'en est pas moins efficace et permet de renouveler et de renforcer l'énergie du Tan T'ien inférieur. Il est efficace aussi pour nettoyer le corps et les organes, particulièrement les poumons (désintoxication), des impuretés et des énergies viciées qu'ils contiennent. Il vivifie aussi le sang, l'air matinal lui transmettant vigueur et mouvement. Il tonifie le Wei Qi et améliore par cela la défense contre les agresseurs extérieurs. Enfin, il fait pénétrer l'énergie saisonnière profondément, ce qui nourrit ce qui est en correspondance dans le corps du pratiquant (fonctions et tissus), et soutient donc aussi toute action du pratiquant allant dans le sens de cette même énergie.

Après avoir nettoyé l'intérieur et rassemblé l'énergie céleste dans le Tan T'ien, il convient de lui associer l'énergie d'une autre dynamique, celle de l'énergie terrestre, qui répond à celle du Ciel. Pour cela voir le tutoriel suivant.