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Les déplacements

Les déplacements.


Généralités

Un déplacement est l'action de mouvoir le centre gravité du corps. Il peut être déplacé en avant, en arrière, à gauche, à droite, amené au centre, élevé et abaissé mais aussi simplement pivoté sur lui-même. Cela est possible soit sans déplacement de pieds, qui restent donc dans ce cas en place au sol pendant le mouvement du centre de gravité, soit avec déplacement d'un ou des deux pieds et il s'agit alors de ce que l'on peut appeler faire un pas. Enchainer plusieurs pas constitue une marche. Dans l'exécution lente des enchainements, ou routines, du style Yang, la plupart des pas sont exécutés avec le déplacement d'un seul pied vers l'avant, vers l'arrière ou de côté, comme par exemple pour passer d'une posture de l'arc droite à une posture de l'arc gauche dans une marche en avant. Alors que, par exemple dans le style Sun, les déplacements des deux pieds dans un seul pas en avant, ou dans un pas en arrière, sont courants (on parle alors souvent de pas glissés, ou pressés, dans ces styles de déplacements).
On dit couramment qu'il y a trois sortes de déplacements parmi les pratiquants de TCC, selon le niveau d'exécution des enchainements et des déplacements qu'ils comprennent. Il y a d'abord ceux qui semblent retomber sur leurs pieds à chaque pas, couler, marcher au fond des eaux, dont les pas sont pesants comme ceux des scaphandriers. Puis viennent ceux dont les pas sont plus souples, les déplacements plus équilibrés, avec une meilleur stabilité dans les postures, mais qui montent et descendent sur leurs appuis, tel un bouchon de canne à pêche allant et venant entre deux eaux. Il plonge parfois (lourdeur, perte d'équilibre) et semble flotter à d'autres (déracinement). Enfin, au niveau supérieur, le pratiquant semble se déplacer à la surface des eaux. Il n'est ni trop flottant, survolant, ni lourd, coulant, son déplacement horizontal est parfait. Ses membre inférieurs se déplacent aussi détendus et légers que ses membres supérieurs, on ne voit de lourdeur nulle part. Équilibre, stabilité, appuis sont sans faille et il va et vient librement et facilement dans toutes les directions. L'énergie céleste en haut, et terrestre, en bas, sont activées et vivifient l'action.
C'est le mouvement continu au centre du corps qui commande et dirige les différents déplacements des pieds.

Les marches

Il y a quatre types de marches à d'abord bien maitriser pour l'exécution correcte des formes lentes : La marche avant directe, la marche avant indirecte, la marche arrière et la marche latérale. En variantes on trouve ensuite les pas avec déplacement du tronc vers le haut, comme pour les frappes de pieds, et les pas avec déplacement du tronc vers le bas, comme pour certaines esquives, fauchages, etc.

Les règles principales dans les quatre marches de base:

- Comme pour chaque geste, mouvement des membres ou du tronc, les déplacements des pieds doivent être initiés, conduits et dirigés depuis le centre physique du corps. Une impulsion dynamique doit donc naitre au centre, être transmise par la taille, puis être conduite jusqu'à l'extrémité du membre à déplacer, ici un pied. Un enseignant qui n'est pas capable d'expliquer comment réaliser cela ne devrait pas s'occuper de transmettre, mais d'apprendre d'abord la pratique correcte. Cela parce que la connaissance du centre et l'intégration de ses propriétés en TCC constitue un des fondements de la véritable réalisation de sa pratique. Pas de centre actif, directeur, conscientisé et dynamique, pas de TCC.
- Les pieds sont déplacés sans trainer au sol. Le pas est dit déroulé, souplement, comme celui d'un félin. C'est comme si on passait par-dessus un seuil, peu élevé, mais qui oblige cependant à lever un peu plus le pied qu'à l'ordinaire, pour l'enjamber et ne pas trébucher. Avant que cette façon de soulever les pieds puis de les reposer au sol deviennent habituelles et exécutées pour chaque pas sans plus devoir y mettre de l'attention, on a ainsi développé pleines conscience et perception des membres, de la forme des mouvements et de leur dynamique.
- Avant de soulever un pied pour le déplacer, il faut l'avoir vidé complétement de l'appui du corps sur sa jambe, alors normalement en extension. Et donc transmis 100% de l'appui du corps sur l'autre jambe, normalement alors en flexion. Quand tout le corps est amené en appui sur un seul pied, le centre de gravité du corps est centré, à l'aplomb, du point Yong Quan du pied. Au moment de l'extension c'est du talon que l'on repousse le sol. Vide et plein physiques dans les appuis ont à voir avec l'activité des énergies vitales Yin et Yang dans les membres inférieurs. L'activation de l'énergie interne dans les jambes, sa perception et la maîtrise de ses transformations sont un élément essentiel d'une pratique correcte. Par l'exécution physique correcte du vide et du plein dans les appuis on active le non physique, l'énergie. Quand un pied est déplacé, tout le corps reposant sur l'autre jambe alors en flexion, il est reposé en reprenant contact avec le sol léger comme une plume. On ne retombe pas lourdement en appui dessus, comme dans la marche normale, toute en déséquilibre. Dans la marche avant, pour par exemple enchainer des pas de l'arc, c'est le talon qui reprend contact avec le sol, jambe alors 100% vide d'appui, avant de fléchir le genou et de finaliser la posture en répartissant l'appui entre les deux pieds. Dans la marche arrière ce sont les orteils qui reprennent d'abord contact avec le sol, ainsi que dans les marches latérales.
- Dans les quatre marches, le déplacement est horizontal. On ne penche dans aucune direction et on ne monte ni ne descend. Le sommet du crâne comme le centre de gravité dans le bas du tronc se déplacent à l’horizontale, cela bien que flexions et extensions dans les jambes peuvent alors donner des sensations de montées et de descentes du tronc. Ce qui doit monter et descendre alors, c'est une des formes de l'énergie, le jin.
- Chaque pas est exécuté et finalisé selon les postures successives a enchainer dans la marche. Le placement des pieds, l'axes des pieds et des genoux et la finalisation des appuis étant alors établis selon la forme de la posture et le placement du centre de gravité. Cela en conservant toutes les qualités de maintien, de détente, d'enracinement et de stabilité définies au chapitre précédent.

Éducatif 1


Transmission correcte de l'appui d'une jambe à l'autre en Posture Vide.

- La position de départ (phase 1) est une Posture Vide à droite. Tout l'appui du corps est donc sur le pied gauche, dont l'axe est orienté bien droit en avant, avec pour centre de l'appui le point Yong Quan - Source Bouillonnante, premier point du méridien du Rein Shao Yin. Le côté interne de la jambe est alors plus actif, avec le méridien de la Rate Taï Yin, et le gros orteil en pression accentuée sur le sol. Pour venir en appui dans la position suivante, on avance le tronc comme s'il était poussé de l'arrière, au niveau des reins. Cette poussée est assistée de l'extension de la jambe arrière, ici donc la gauche, extension qui est crée par l'action de repousser du talon le sol derrière soi. Ces deux dynamiques, de la taille et du talon, sont transmises au genou, qui avance bien droit dans l'axe du pied orienté vers l'avant.
- En phase 2 le tronc avance peu à peu sur le pied droit, posé au sol bien droit dans l'axe frontal. Orteils, plante du pied, cheville et muscles de la région crurale de la jambe doivent être gardés autant détendus que possible, seuls ceux de la cuisse, la région fémorale, sont mobilisés pour éviter de tomber, l'effondrement.
- En phase 3 l'appui est transmis complètement sur le pied droit, centré sur le point Yong Quan. La cheville est alors en flexion maximale mais cela ne doit pas être forcé, c'est selon le souplesse de l'articulation. Avec la pratique, la flexion s'accroit, et l'avant du genou dépasse nettement l'axe d'aplomb du pied. La face interne de la jambe droite est alors plus active que la face externe et le gros orteil presse fermement le sol. Pour la jambe gauche, alors en extension, c'est le méridien de la Vessie Taï Yang du pied qui est alors plus actif, avec un appui plus marqué sur le petit orteil.
- En phase 4 le corps étant complètement en appui sur la jambe droite, bien posé et centré, le pied gauche est alors avancé tranquillement, en soulevant bien le pied comme pour enjamber un seuil peu élevé, au moins de la hauteur de la malléole interne.
- En phase 5 le talon du pied gauche est reposé légèrement au sol. Tout le corps repose sur la jambe droite, appui centré sur le point Yong Quan. On garde quelques secondes la position en mettant l'attention sur la stabilité, le relâchement général et particulièrement du pied et de la jambe d'appui, le maintien correct du tronc, bien posé avec aussi la présence de l'énergie au sommet du crâne, puis on enchaine calmement le pas suivant.


Vue frontale du même exercice - Postures Vide.

L'image ci-dessus montre la trajectoire effectuée par le pied déplacé en avant. Les positions de départ et d'arrivée sont aussi des Postures Vides, mais ici avec la pointe du pied posée au sol. La flèche montre que la trajectoire du pied qui se déplace ne passe pas au large du pied d'appui mais s'en rapproche avant de continuer en s'écartant pour se poser au-devant. Cette trajectoire en arc de cercle permet de mieux conserver son équilibre pendant les déplacements, en avant, mais aussi en arrière. La zone grise dessinée au sol montre l'axe de déplacement et l'écart latéral à conserver entre les positions des pieds au contact du sol. La largeur de cet écart dépend en fait de la constitution physique. Elle est plus ou moins grande selon la largeur du bassin.

Le déplacement expliqué dans cet éducatif n'est pas habituel dans l'exécution des routines du TCC. C'est un exercice ayant pour objectif d'établir certaines caractéristiques et qualités des postures et déplacements spécifiques à cette discipline. Il permet d''atteindre à une grande stabilité, à des alignements corrects des sections des membres inférieurs, à des appuis très équilibrés tout en conservant une détente générale supérieure. Par l'énergie activée dans la taille, les reins, les talons lors des extensions et les gros orteils lors des flexions, la dynamique des transformations entre flexions et extensions est aussi ainsi développée. Toutes les caractéristiques et qualités développées dans cet exercice doivent ensuite être conservées et appliquées dans les déplacements et les marches classiques de la pratique des routines.

Une fois bien acquis un maintien, des alignements structurels, des appuis fermes, centrés, stables, et une dynamique de transfert des appuis sûre et aisée, on peut s'entrainer aux déplacements dans les quatre marches de base. Ce qui y principalement ajouté, par rapport à l'exercice précédent, ce sont les rotations du tronc, plus ou moins marquées, et le mouvement continu au centre. Dans les déplacements de côté, à gauche ou à droite, les rotations du tronc sont infimes, même si les pivots de la tête et du regard (comme par exemple dans la forme "Mouvoir les mains comme des nuages") sont assez marqués. Dans la marche arrière, également, les pivotements sont plus ou moins marqués selon les différents styles et écoles. C'est principalement dans les deux types de marche en avant que la maitrise des rotations, des pivotements du tronc, demandent un entrainement soutenu et des instructions correctes.


Déplacement en Postures de l'Arc dans la marche avant directe.

Rappelons que toutes les caractéristiques et les qualités de maintien, de formes posturales, d'équilibre, d'alignements structurels, de centralisation des appuis, doivent être intégrés et mis en évidence dans les différents déplacements. Voyons comment cela est appliqué dans la marche avant directe.

- Phase1 - La position de départ est sur le graphique une posture de l'Arc gauche. L'orientation du plan frontal du tronc est ici Nord Sud, celui du plan latéral Est Ouest. Par défaut la position est orientée face au Sud, donc Nord dans le dos, Est à gauche et Ouest à droite.
- Phase 2 - Pour faire un premier pas en avant et venir se positionner en Posture de l'Arc droite, toujours orientée au Sud, on commence par pivoter vers la gauche, vers l'Est donc, cela tout en transférant en même temps l'appui du corps sur le pied avant, et en commençant aussi, toujours en même temps, à soulever le talon du pied arrière. Le mouvement de rotation est issu de l'axe central du tronc et transmis par la taille à la jambe.
- Phase 3 - En phase 3 le pivot vers le côté gauche est accentué, l'appui devient complet sur le pied gauche (avec pour centre du pivot et de l'appui le point Yong Shuan), et le pied arrière est alors soulevé et déplacé vers l’avant.
- Phase 4 - La rotation du tronc est continuée jusqu'à une orientation de l'axe frontal vers le Sud-Est (ou à environ 45° de l'orientation de départ), et que le pied droit vienne se poser en avant sur l'axe du déplacement, par le talon reposé légèrement au sol.
- Phase 5 - Une fois le talon au contact du sol, le pivot est inversé et le tronc revient face au Sud, cela tout en fléchissant le genou droit et dans l'extension de la jambe gauche. Le déplacement est achevé quand la Posture de l'Arc droite est correctement formée et orientée.

Quant on commence à s'entrainer aux quatre marches basiques, la rythmique peut être discontinue. On peut par exemple ralentir en venant en appui sur le pied avant afin de bien assurer l'équilibre. On peut aussi ralentir en finalisant les postures, cherchant à bien relâcher l'ensemble du corps, à bien poser le tronc pour affermir la stabilité et l'enracinement. Cependant, à mesure que les déplacements deviennent plus aisés, il est important de conserver toutes ces qualités de structure, de stabilité, de détente, tout en atteignant au mouvement continu au centre. Les déplacements sont alors enchainés en mettant l'attention sur la constance et la régularité du mouvement au centre, et non sur celles des différentes parties du corps. Il ne faut pas confondre les deux. Mouvoir très régulièrement les mains mais avec des saccades, des arrêts ou des ralentissements et accélérations au centre n'est pas correct. Conserver le mouvement au centre à une vitesse constante, sans à-coups ni interruptions, demande une grande attention aux débutants. Ce n'est pas facile à intégrer. Cela développe les facultés de concentration, d'écoute et de perception interne.

Dans certaines écoles, on disait autrefois aussi plus simplement cette sentence: "Regarder à gauche et avancer le pied droit", et donc inversement, "Regarder à droite et avancer le pied gauche". Ce qui signifiait aussi que la tête et le regard restent dans l'axe du tronc pendant les rotations.

Les erreurs courantes :
Avancer sur une ligne droite selon la méthode particulière au TCC ne semble pas un exercice très compliqué à maitriser. Pourtant il suffit de regarder avec attention les vidéos publiées sur l'Internet pour se rendre compte que très peu de pratiquants, des débutants aux "Grands Maîtres", ont parfaitement intégrés, et exécutent correctement, les techniques de déplacements spécifiques à la discipline.
1) L'erreur la plus courante est de ne pas être bien équilibré pendant les déplacements et que la stabilité varie selon les phases des flexions et des extensions, des déplacements des pieds, des rotations du corps, etc. Les causes les plus communes sont:
- Ne pas garder le tronc bien droit et pencher d'un côté ou de l'autre. Cela déplace le centre de gravité vers le haut du tronc et rend l'équilibre plus difficile à contrôler. La stabilité n'est pas égale et ferme tout au long des changements d'appui.
- Ne pas s'être suffisamment entrainé à la justesse du placement du centre de gravité dans les appuis et pendant les transferts d'appui. Il faut revoir l'éducatif précédent jusqu'à l'exécuter parfaitement et pouvoir l'adapter aux déplacements avec rotations.
2) Monter et descendre le corps pendant les changements d'appui. Le plus souvent on monte pendant que l'on avance en flexion sur la jambe avant et l'on redescend au moment de reposer le pied déplacé ou de finaliser le pas et la posture. Le déplacement du corps n'est donc pas linéaire, horizontal. Les muscles des membres inférieurs sont alors trop sollicités, des articulations ne peuvent pas être correctement relâchées, et ainsi certaines fonctions physiques sur l'énergie interne ne seront pas activées. Souvent la montée fait flotter, et la descente effondrer ou trop enraciner (enterrer). Il est courant de voir cette façon de se déplacer, en vagues montantes et descendantes, chez les pratiquants des enchainements créés pour les compétitions sportives, ou les tournois et rencontres soi-disant "traditionnelles". Faire glisser un pied au sol pour agrandir un pas et permettre de descendre très bas le tronc afin de prendre une posture plus esthétique peut être agréable à exécuter mais n'a pas de sens pour le travail interne..
3) Décomposer les déplacements en plusieurs mouvements, moments d'exécution, dynamiques. Par exemple, dans la marche avant directe, commencer par faire pivoter le tronc, puis s'avancer sur le pied avant jusqu'à se sentir plus ou moins stable dans le nouvel appui, continuer en déplaçant le pied arrière, pivoter dans l'axe de la marche et finir par la combinaison flexion extension. Tout est sectionné, désuni. L'intention va d'une partie du corps à l'autre pour les mouvoir. Chaque partie est indépendante. Le centre n'est pas ce qui commande, dirige et dynamise. Il n'y aura pas d'intégration des parties en un tout unifié. Ce sera surement pire quand il faudra associer des mouvements des membres supérieurs aux déplacements.
4) Il est courant aussi de voir des pratiquants pivoter d'abord vers l'extérieur du pied avant pour transférer l'appui dessus, puis au moment d'avancer le pied arrière inverser le pivotement pour revenir dans l'axe de la marche et reposer ce pied au sol. Ceci n'est pas correct selon ma méthode. D'une part cela interromps l'action continue d'achèvement de flexion, de transfert et d'affermissement de l'appui sur la jambe concernée, d'autre part il est difficile de garder la cuisse et le genou de cette jambe alignés avec l'axe du pied pendant que l'on inverse le pivotement. Certains prétendent que cette inversion du pivotement permet d'amener le pied déplacé en avant tout en ouvrant les articulations reliant les jambes au bassin, que cela ouvre les kua, apporte une diminution de la pression dans les articulations, et facilite la circulation énergétique entre les membres inférieurs et le haut du corps. Tout cela est faux à notre sens. Nous verrons plus loin que les propriétés d'ouverture, de fermeture, au niveau de ces articulations sont effectivement importantes mais que cela n'est pas développé par cette manière de se déplacer.

Une fois les techniques de déplacements bien maitrisées, par la pratique de base des 4 marches puis ensuite par des déplacements plus difficiles, comme les postures hautes sur une seule jambe, ou très basses, on arrive à ce mouvoir avec aisance, souplesse et une grande stabilité, tout en gardant un maintien du haut du corps correct. Les jambes fatiguent beaucoup moins pendant l'exécution des routines, dont la pratique devient plus agréable. On va et vient d'avant en arrière, d'un côté à l'autre, effectuant demi tours et même rotations complètes sur 360 degrés sans perte d'équilibre et avec des appuis au sol bien assurés. On peut alors reprendre l'étude des déplacements pour en parfaire l'exécution. Il s'agit d'y ajouter certaines propriétés afin de faciliter la circulation de l'énergie dans les membres inférieurs. Pour cela il existe trois thèmes à travailler dont les termes sont: Ouvrir et Fermer, Compression et Expansion, Vide et Plein.

Éducatif 2


Ouvrir et fermer.

L'exercice suivant a pour objet de développer des effets d'ouvertures et de fermetures latérales des jambes, depuis leurs attaches au bassin jusqu'aux genoux. Cela n'est pas facile à réaliser et il faut y mettre beaucoup d'attention et d'intention pour en quelque sorte faire vriller les muscles des cuisses autour des fémurs. Le mouvement de torsion que l'on imprime aux muscles commence avec la rotation du tronc et le début du transfert de l'appui sur la jambe avant, arrière, ou de côté, selon une des quatre marches. Le dessin ci-dessus illustre le procédé en effectuant la marche avant directe. On imprime un mouvement de rotation aux muscles des cuisses en faisant partir ce mouvement depuis leurs attaches au tronc, depuis les aines même. Des deux côtés la rotation se fait vers l'extérieur, en ouverture. C'est ce que l'on appelle Ouvrir. Il ne faut pas faire l'erreur de faire ce mouvement avec les genoux mais bien en vrillant les muscles des cuisses à partir des aines. Quand le pied arrière, ici le talon droit, vient doucement en avant au contact du sol, on laisse les muscles revenir dans leur alignement habituel en leur imprimant quand même volontairement un léger mouvement de rotation inverse, de fermeture. C'est que l'on appelle Fermer.

Éducatif 3-1


Compression et Expansion ou Monter et Descendre. Forme 1.

Cet exercice a pour objet d'agir sur les espaces articulaires des jambes. On y développe dans les mécanismes de flexion et d'extension des jambes, aux niveaux des chevilles, des genoux et des aines, des effets de compression, d'expansion, d'ouverture et de fermeture des espaces articulaires, de montée et de descente. Dans l'image ci-dessus la position de départ est une Posture de l'Arc gauche. Le déplacement est celui de la marche avant directe et donc le corps est amener en appui sur le pied avant gauche pendant la rotation du tronc également sur la gauche. L'attention est alors de relâcher autant que possible l'aine gauche et de chercher à se poser dans l'appui (lequel, rappelons-le, est au niveau de la plante des pieds bien centré sur Yong Quan). Pendant la constriction articulaire de la jambe, on doit chercher à ce que les tendons et ligaments de l'aine deviennent pratiquement aussi détendus que ceux de la cheville, avec un effet de compression, de fermeture de l'espace articulaire. Pendant que tout le corps vient en appui sur la seule jambe avant (ici donc la jambe gauche), il doit y avoir une sensation de descente de la hanche au-dessus, et dans le même temps la hanche de la jambe arrière (ici la droite) doit chercher à s'élever pendant que son pied est déplacé vers l'avant. Dés que le talon du pied déplacé vers l'avant prend contact avec le sol, flexion et extension des jambes sont inversées pour finaliser la posture, ici une Posture de l'Arc à droite, et donc constriction compressive descendante et extension expansive montante s'inversent aussi.
On peut exagérer montées et descentes contraires des hanches jusqu'à presque leur imprimer ainsi un mouvement de balancier pendant les déplacements. Cela permet de bien sentir qu'avec l'appui complet du corps sur une jambe en flexion vient le relâchement et la compression, la fermeture articulaire, tandis que l'extension de l'autre jambe s'accompagne d'une ouverture des articulations et d'un mouvement interne ascendant. Peu à peu on ressent des effets de compression dans la flexion et d'expansion dans l’extension. Quand l'énergie suit le processus physique, il y a accumulation de celle-ci dans la flexion descendante et surtout, et ceci est d'une grande importance,connexion correcte avec l'énergie du sol. L'énergie renvoyée dans l'extension ascendante est alors d'une qualité et d'une nature différente que celle de la seule action musculaire. Alors les jambes ne se fatiguent plus pendant les déplacements et se transforment en ressorts puissants, souples et élastiques. Si à la fin d'un long enchainement vous vous sentez vivifié, avec plus d'énergie qu'au commencement, c'est que vous avez correctement activé l'énergie interne, montante et descendante, et l'avez connecté à l'énergie céleste, en haut, et à l'énergie terrestre, en bas.

Les muscles des jambes sont très mobilisées dans la pratique du TCC et il courant d'y ressentir crampes et contractures. L'exécution lente d'enchainements plus ou moins longs et les nombreuses postures en appui sur une seule jambe demandent beaucoup d'efforts aux débutants. Il faut cependant apprendre à relâcher autant que possible les membres inférieurs, à se poser détendu dans les appuis comme on se poserai sur un siège pour se détendre. Dans l'éducatif précédent on a vu qu'une des erreurs courantes dans les déplacements est justement de s'élever en venant en appui sur un seul pied puis de retomber quand on repose l'autre au sol. Cela est du à trop de mobilisation musculaire pendant les transferts d'appuis, à un manque de détente dans les muscles et les articulations.


Accumulation et renvoie d'énergie augmentée.

Comme l'illustre l'image ci-dessus il est possible de transformer les jambes en des sortes de ressorts dynamiques. Quand la pression augmentent elles fléchissent et accumulent de l'énergie. Quand la pression diminue elles renvoient cette énergie, elle-même accrue par l'énergie de résistance du sol, qui lui en transmet une part. Les conditions essentielles pour que l'énergie de retour soit supérieure à celle de la pression initiale sont la détente, le relâchement musculaire, ce qui permet une connexion correcte avec l'énergie du sol.

Éducatif 3-2


Compression et Expansion ou Monter et Descendre. Forme 2.

Pour approfondir l'exercice précédent, il est possible de partir de la position intermédiaire dans l'exécution des pas. C'est le moment ou la rotation du tronc est à son maximum et que le pied arrière a été déplacé vers l'avant, talon reposé légèrement au sol. Tout le corps est en appui sur une seule jambe. On inverse alors la rotation du tronc pour revenir dans l'axe de la marche et, sans marquer d’arrêt au moment où est finalisé la forme de la Posture de l'Arc, on continue la rotation du tronc pour venir directement dans la position intermédiaire inverse du pas suivant. On passe ainsi directement d'une flexion complète d'un côté à l'autre. Se déplaçant ainsi sur une bonne longueur, on se concentre d'abord sur les changements de flexion, en mettant l'attention sur le relâchement, la fermeture articulaire, la sensation de descente à travers la jambe et de connexion avec le sol, puis on passe à l'attention sur les extensions, qui partent de la flexion complète d'une jambe pour s'achever par le déplacement du pied et la pose du talon vers l'avant. Rappelons que l'extension des jambes est initiée en repoussant d'abord le sol du talon.

Les exercices précédents, appliqués aux membres inférieurs, développent l'ouverture des articulations, la détente et la mobilité des tissus de soutien, les fascias, importants lieux de circulation énergétique. Ils favorisent aussi les rotations structurelles, de la plus évidente, celle du tronc autour de son axe, aux moins visibles, celles des os autour des axes longitudinaux des membres. Par leurs actions sur le physique, ils ont une forte influence sur l'énergie vitale qui parcourt l'ensemble de l'organisme.

Associer Ouvrir et Fermer à Compression et Expansion favorise la circulation de l'énergie dans un flux spiralé parcourant l'ensemble du corps. Un célèbre dessin, issu de la tradition Chen, illustre cette circulation.


Circulation du Jing tel le déroulement du fil de soie.

Vide et Plein ou Différencier les énergies.

Une notion importante de la pratique du TCC est celle d'identifier les énergies. Les énergies en place, en mutation, actives ou passives. Le moyen le plus évident est d'utiliser les sensations physiques d'appui sur les membres inférieurs et de les relier aux notions de flexions et d'extensions, d'énergies descendantes et montantes, d'inertie et de mouvement, de vide et de plein, enfin de Yin et de Yang. Le dessin ci-dessous illustre la mutation énergétique dans les jambes lors des déplacements.


Le Vide et le Plein dans les membres inférieurs.

Pour bien ressentir les transformations en cours dans les membres inférieurs lors des déplacements, on pratique par exemple la marche avant directe en commençant par une position en appui complet sur une jambe, ce qui est normalement la posture intermédiaire pour effectuer un pas en Posture de l'Arc. Dans cette position, l'appui est entièrement sur une jambe et elle est alors dite "pleine", l'autre jambe étant qualifiée de "vide". Tranquillement on transfert l'appui sur l'autre jambe jusqu'à ce que la position soit inversée. Pendant le transfert de l'appui on écoute les sensations de transformations dans les jambes. Il faut mettre l'attention à achever complètement le remplissage et le vidage, cela s'appelle aller du Yin complet au Yang complet et inversement. Il est possible de voir ces changements comme un transfert d'une jambe à l'autre du plein et du vide, d'énergie descendante (dans la jambe en flexion) ou montante (dans la jambe en extension, qui finit propulsée en avant), d'enracinement et de connexion avec les sol ou de dynamisme et de déplacement. Toutes ces qualités sont en fait des propriétés de l'énergie fondamentale et de ces deux vecteurs, le Yin Yang.
Comme dans l'exercice de l'éducatif 3-2, Compression et Expansion, on se concentre d'abord sur les flexions afin de bien développer les propriétés Yin de flexion, de plein des appuis, de d'énergie descendante, d'inertie et d'enracinement, puis on passe aux extensions pour le yang et le développement des qualités dynamiques, de vide des appuis, de mouvement, d'énergie ascendante. Enfin on pratique la marche normale, enchainant les pas d'une posture de l'arc d'un côté à l'autre, dans le mouvement continu du centre, lequel dirige et commande aux transformations des formes et aux mutations des énergies. Percevoir la nature des énergies dans leurs états statiques ou dynamique est fondamental en TCC. C'est ce que l'on appelle 'Identifier les Énergies'. Étudier cela par l'écoute des déplacements et des transformations dans les changements d'appui permet ensuite de développer plus facilement ces perceptions dans le tronc et les membres supérieurs.